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Sart-Saint-Laurent (Marc Blaimont)

Historique de la Marche Saint-Laurent


Depuis au moins 1851, les Marcheurs de Sart-Saint-Laurent participent sans discontinuer à la marche septennale de Fosses-la-Ville. Dans les années 50, dans le but de renouveler certaines traditions et d'escorter la procession en l'honneur de Saint-Laurent, plusieurs tentatives de constituer une Marche annuelle voient le jour. Elles demeurent malheureusement infructueuses malgré la présence dans les plus vieilles familles de Sart-Saint-Laurent de Marcheurs pouvant justifier douze , voire même treize participations à la célèbre Saint-Feuillen. Ce n’est qu’en 1963, que le comité de la Marche annuelle en l’honneur de saint Laurent se crée. Jules Goffaux, y relève le défi de ses aïeux et va assumer pendant plus de trente ans les fonctions d'adjudant et de Président de la société. De nos jours, la compagnie forte d’environ 130 hommes est formée de trois pelotons, les Sapeurs-Grenadiers de la Garde des Consuls, les Mousquetaires du Roy et les Zouaves Depuis quelques années, le cassage du verre se déroule le premier dimanche d'octobre auprès de la fontaine dédiée à saint Laurent. C’est un hommage à nos anciens car l’année de la Saint-Feuillen, ce dimanche constitue à Sart-Saint-Laurent la fête de clôture de la septennale.

Saint Laurent : fête le 10 août


Ce que nous savons de son histoire est parvenu jusqu’à nous grâce à une passion écrite au 5e siècle dont bien entendu une part importante est légendaire. Né dans le Nord de l’Espagne à Huesca, il suit les cours du futur pape Sixte II à Saragosse. Lorsque celui-ci est appelé au pontificat en 257, Laurent le rejoint et se voit confier la garde du trésor de l’église et la charge d’en distribuer les revenus aux pauvres.
L’empereur Valérien ayant repris les persécutions contre les chrétiens dés l’année suivante en 258, le pape en est une des premières victimes. Avant de mourir, il demande à Laurent de vendre tous les biens de l’église et d’en distribuer tout le produit aux pauvres afin de les soustraire à la cupidité des persécuteurs. Sommé de livrer les trésors de l’Eglise de Rome et les livres Saints, Laurent rassemble les pauvres et les présente alors au magistrat comme le « vrai trésor de l’Eglise ». Arrêté, torturé, il sera ensuite attaché sur un lit en fer en forme de gril au-dessus d’un lit de braises à demi allumées de manière à prolonger la souffrance. On lui prête alors cette parole adressée à l’empereur qui assistait à la scène : « C’est rôti d’un côté, retourne-moi de l’autre ».
Pour sa générosité au service des démunis, Laurent a été fait patron des pauvres. Pour avoir protégé les Livres Saints, il est le patron des libraires et des bibliothécaires. Pour l’épisode de sa mort sur le gril, il est le patron des pompiers, des rôtisseurs et des charbonniers ,et réputé guérir des brûlures et protéger des incendies.
Saint Laurent est représenté habituellement en diacre revêtu d’une tunique à larges manches, fendue sur les côtés appelée dalmatique, il porte dans une main une palme signe de son martyre et dans l’autre le gril. Le culte de saint Laurent a connu très vite un engouement extraordinaire tant à Rome où 34 églises lui sont consacrées qu’à travers la France et le reste de l’Europe. Le 10 août 1557, jour de la Saint-Laurent, Philippe II d’Espagne remporta la bataille de Saint-Quentin, mais il en attribua tout le mérite au célèbre martyr. Fidèle à sa promesse, il fit donner au palais de l’Escurial à Madrid , la forme d’un gril gigantesque. Quelques dictons : Froidure à la Saint-Laurent, froidure à la Saint-Vincent (22 janvier)
De Sainte-Anne (26 juillet) à Saint-Laurent, plante des raves en tout temps.
A la Saint-Laurent, la noix craque sous la dent.
Le temps qu’il fait à la Saint-Laurent dure longtemps.

Le culte de saint Laurent.


Depuis la nuit des temps, la quête constante du sens de la vie et le besoin de réponses aux grandes questions existentielles ont fortement marqué les peuplements successifs de nos régions que ce soient les celtes, les gaulois et les belges puis les colons romains suivis eux-mêmes des premiers évangélisateurs chrétiens. Sous leur impulsion et leur dynamisme, cette nouvelle religion se répand partout en Europe en profitant de l’extension de l’empire romain et des voies rapides qui rapprochent toutes ces contrées dites autrefois lointaines. Un monde nouveau va s’installer durant plusieurs siècles à l’abri des barbares dorénavant contenus derrière le Rhin grâce aux légions de Rome qui en assurent la garde.
Le catholicisme va bénéficier tantôt d’opportunités tantôt s’imposer par la force remplaçant peu à peu les religions anciennes, les croyances et les rites locaux. Ce qui ne sera pas supprimé sera employé et transformé au goût du jour et des besoins de l’église en formation. De nombreuses cérémonies païennes seront ainsi intégrées et assimilées par l’église catholique. Pierres levées, pierres à enfanter laisseront place aux édifices édifiés à la gloire du tout puissant et révélant sa puissance sur tous les hommes.
C’est ainsi qu’au début du 12e siècle, à l’implantation des premières chaumières sur le site de ce qui va devenir le village actuel de Sart-Saint-Laurent, s’édifie rapidement un endroit de culte de style roman dédié à saint Laurent près de la fontaine et du ruisseau du même nom.
Etabli en bordure de la grande forêt de Marlagne dans les propriétés de l’abbaye de Floreffe édifiée par saint Norbert, le lieu n’héberge que les seuls travailleurs de la forêt : bûcherons, essarteurs et charbonniers. En 1126, le comte de Namur Henri l’Aveugle promettant la propriété des terres à ceux qui les cultiveraient eux-mêmes, le village devient rapidement un espace agricole.
Partout en Europe, le culte porté à saint Laurent se renforce et il est invoqué principalement tant pour les brûlures que pour les maladies de la peau telles que les irritations, les boutons ainsi que les maux de visage appelés « Cloches de Saint-Laurent ». La légende raconte qu’avant de mourir brûlé, saint Laurent aurait fait jaillir une source d’eau vive dans le cachot de sa prison.
Aujourd’hui encore comme à Sart-Saint-Laurent, de nombreuses sources en Belgique et dans les pays voisins sont réputées guérir les brûlures et les maladies de la peau.
Depuis toujours, les guérisseurs se réfèrent au symbolisme du feu et de l’eau dans la pratique quotidienne de la médecine populaire. A travers les siècles, ces leveurs de maux soignent les brûlures par un rituel particulier qui leur a été transmis personnellement de génération en génération. Ce « secret » consiste bien souvent à une prière récitée pour le brûlé de manière à arrêter très rapidement les douleurs occasionnées par la brûlure. En outre, cette prière peut être accompagnée de gestes destinés à écarter le mal, à le rassembler aux extrémités du corps avant de l’évacuer. En Wallonie, ces personnes sont appelées des « signeurs de feu ».
A Sart-Saint-Laurent, la cure est complétée par l’application de cataplasmes à l’eau de saint Laurent sur les brûlures et les plaies infectées.

Sart-Saint-Laurent 2004 : le drapeau de la Jeunesse fête son 125e anniversaire.


« Un drapeau exprime des signes, des symboles, des repères pour le ralliement de ses membres avec ce que tout cela comporte d’amitié, de fraternité, mais aussi de discipline et d’unité. En bref, les signes d’un idéal commun qu’un groupe de personnes s’engagent à vivre ensemble. » C’est au XVIIe siècle qu’apparaissent les groupements de jeunes, à qui l’autorité communale confie l’organisation des fêtes et des solennités. Suite aux disparitions successives des milices rurales et bourgeoises, les jeunes reprennent le flambeau des aînés, la Jeunesse devient la gardienne de nos traditions et se reconnaît à son drapeau, signe principal de ralliement.
La plupart des drapeaux se ressemblent : taillés dans un velours émeraude ou grenat, en forme de losange irrégulier, ils portent des inscriptions rehaussées d’or et d’argent. Traits d’union entre les générations, ils racontent l’histoire locale et la fidélité à nos traditions.
En ce début 1879, toutes les énergies se concentrent sur la préparation de la fête septennale en l’honneur de saint Feuillen. L’événement est d’importance et met en effervescence Fosses-la-Ville et toute une région.
A Sart-Saint-Laurent, hameau de Floreffe, les membres de la Jeunesse reçoivent l’invitation à participer au cortège de septembre par le comité de Jeunesse de Fosses-la-Ville. Comme le veut la tradition, celui-ci vient au Sart en sortie préliminaire, avec une compagnie en civil mais avec armes et tambours, lors de la kermesse du mois d’août, rappeler la fête prochaine.
Après une présence prouvée à la Saint-Feuillen depuis au moins 1851, la Jeunesse du Sart répond favorablement à l’invitation qui lui est faite et pour l’occasion se dote d’un nouveau drapeau qu’elle va étrenner lors de la Septennale. Le dimanche 28 septembre, devant un public estimé à environ trente mille personnes, plus de deux mille Marcheurs participent à la procession dans les compagnies de Fosse-Centre, Vitrival, Floreffe, Mettet, Devant-les-Bois, Falisolle, Biesme, Le Roux, Aisemont, Névremont, Acoz, Haut-Vent, Monceau-sur-Sambre, Lesve, Scry, Malonne et bien entendu Sart-Saint-Laurent.
C’est par un temps splendide que la procession sort à 8 heures en respectant l’arrêt aux cinq stations : Nou Pré, Coutures Mathot, Campagne du Chêne, Greffes de la Folie et Campagne de Lalou. La rentrée s’effectue vers 16 heures. Depuis, les deux drapeaux ayant formé précédemment un unique étendard double face reposent en la sacristie de l’église du Sart. La première face est en velours grenat, bordée et frangée d’or. Sa remarquable décoration consiste en riches fleurages (notamment des feuilles de chêne brodées en or). On y lit l’inscription : « Jeunesse du Sart-Saint-Laurent, 1879 ». Sa deuxième face, de même couleur (grenat), est ornée comme la première et présente, en son centre, un ovale où, sur fond d’or, se détache l’effigie de saint Laurent, portant de la main droite la palme du martyre et , de la gauche, le célèbre gril. Autour du saint, court l’inscription : « Saint Laurent, priez pour nous ».
Chaque année, le jour du quinze août, les Marcheurs du Sart escortent la statue polychrome du 16ème Siècle de saint Laurent sur le parcours traditionnel.

Composition de la Compagnie.
Les mousquetaires


Le nom de mousquetaire désigne des unités de cavalerie d'élite de la maison du roi. Henri IV avait créé une compagnie de gentilshommes armés de carabines que Louis XIII remplaça par des mousquets (amélioration de l'arquebuse, le mousquet est utilisé par les armées françaises à partir du 16e siècle). Née en 1622, la première compagnie, la plus célèbre grâce à Alexandre DUMAS est celle des mousquetaires du Roi, dissoute par Mazarin en 1646 et reconstituée en 1657 par Louis XIV, elle prend le nom de "Mousquetaires gris" à cause de la robe de leurs chevaux.
La deuxième compagnie ou mousquetaires de la Reine créée en 1663 porte le nom de « Mousquetaires Noirs » pour la même raison. Ces derniers étaient issus des gardes des cardinaux, Richelieu et Mazarin. Détail amusant, c'est dans cette compagnie, donc en définitive aux gardes du cardinal, que le d'Artagan historique, de son vrai nom Charles de BATZ-CASTELMORE était Capitaine Lieutenant ; le grade de Capitaine, commandant ces deux compagnies était réservé au Roi qui déléguait le commandement à un officier de ce grade. Chaque compagnie était composée de 250 hommes titulaires, tous officiers et d'un nombre relativement égal de surnuméraires. Ces derniers, jeunes gens aussi de condition noble, complétaient leur instruction en attendant d'être titularisés lors de campagnes.
Dans les années 20, en vue de préparer la septennale de 1921, quelques jeunes sartois désireux de Marcher se rendent chez différents costumiers dont le célèbre Grenadier de Givet qui possède toujours une vaste panoplie de costumes d'époque. Bien que ceux-ci commencent à se détériorer, ils y trouvent des costumes de dragons , des défroques de voltigeurs, mais rien ne leur convient. En visitant un dernier louageur du côté de Tournai, ils découvrent dans un coin sombre de l'atelier des habits de velours et de dentelles. C’est l’étincelle, l'esprit Mousquetaire est né. En 1956, un premier drapeau est réalisé par les Carmélites de Floreffe, il sera remplacé par un nouveau en 1984 de même que la réalisation de magnifiques nouveaux costumes aux soubrevestes bleues ( casaques sans manches) viendra apporter sa touche de couleur à la palette déjà constituée par les autres pelotons.

Les Zouaves


D’abord corps indigène puis corps mixte, les Zouaves ne sont exclusivement français que depuis 1841. En août 1830, un appel fait aux tribus par le Maréchal de Bourmont amène 500 indigènes que son successeur, le général Clauzel organise en deux bataillons. Leur nom vient des Zouaouas, tribus des confins de la province de Constantine, dans le Djurdjura, montagnards vigoureux et résolus. Francisé, leur nom donne « Zouave ».
La réputation des zouaves finit par leur valoir la célébrité après le coup d’état du 2 décembre 1851 qui amène Louis-Napoléon au pouvoir. L’augmentation du budget militaire permet la réalisation d’un projet de l’ancienne monarchie. Le décret du 13 février 1852 crée trois régiments de zouaves d’environ 3800 hommes chacun : le 1er à Alger, le 2e à Oran et le 3e à Constantine. La distinction se fait sur chacun des devants de la veste où est appliquée une fausse poche dite tombeau dont la couleur varie suivant le régiment, 1er : garance, 2e : blanc, 3e : jonquille.
Ces unités d’infanterie d’élite vont au travers des combats qu’elles vont mener pour la France acquérir une notoriété grandissante mais la mémoire populaire de nos régions va surtout retenir le courage et l’héroïsme avec lequel ces régiments viendront au prix de lourdes pertes freiner l’avance allemande en ce mois d’août 1914 dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. La France va dissoudre toutes ses unités Zouaves en 1962 et ne subsiste encore aujourd’hui comme unité active que le seul centre d’entraînement commando du 9e Zouaves à Givet.

Les sapeurs et grenadiers de la garde des Consuls


En ce qui concerne plus particulièrement la fondation de notre groupe, le choix des membres dans les années soixante, s'est porté sur l'uniforme de la Garde des Consuls pour sa beauté et la prestance de ses bicornes. Pour les amateurs d'histoire nous signalerons que la Garde des Consuls après avoir remplacé la Garde du Directoire a elle-même fait place par la suite à la célèbre Garde Impériale. Actuellement la société est constituée d’une cinquantaine de membres et participe en dehors de ses sorties traditionnelles de Saint-Laurent et Saint-Feuillen à diverses délégations et participations annuelles dans plusieurs autres Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse : Sainte-Rolende à Gerpinnes, Saint-Jean à Mettet, Saint-Pierre à Vitrival, Saint-Nicolas à Maison Saint-Gérard, Saint-Christophe à Hanzinelle, Saint-Nicolas à Pontaury, …
Nous avons participé également à des sorties en France comme le centenaire de la Société « La Wallonne » à Paris, les fêtes du bicentenaire à Courseulles ainsi que des voyages en Calvados et en Seine-Maritime pour y faire connaître notre folklore. Si le groupe des grenadiers consulaires de Sart-Saint-Laurent forme aujourd’hui encore après autant d’années un des principaux groupes invités à fréquenter les rangs de la Marche Royale Sainte-Rolende de Fromiée, il le doit à la camaraderie vécue dans les années septante entre Auguste GANHY, officier du Sart et Joseph Wauthy, tambour-major de Fromiée, par ailleurs tous deux membres du comité exécutif de l’Association.
A présent qu’ils sont disparus, chaque année fidèlement dans le même esprit leurs successeurs ne manquent pas de relancer l’invitation pour les uns et d’y répondre avec empressement pour les autres.

Découvrez ICI les photos de la Saint Laurent 2009

Marc Blaimont

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